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Groove N’ Move : l’événement qui met le hip hop international au cœur de la culture genevoise

Le festival Groove’N’Move, festival qui célèbre les danses urbaines, se déroule depuis le 20 février dernier à Genève. Cette année encore, la programmation, complètement délirante, tient ses promesses en termes du nec plus ultra en danse. Petit tour d’horizon.

Une ouverture … dansée

Le festival a ouvert ses portes vendredi dernier avec une conférence dansée d’Olivier Lefrançois, suivie d’un spectacle offert par Bintou Dembelé. Les deux artistes se sont illustrés dans le milieu de la danse urbaine, le premier pour ses connaissances approfondies de la culture hip hop et la seconde pour sa danse qui s’inscrit dans une démarche engagée autour des problématiques postcoloniales.

Popmaster Fabel, théoricien et amoureux du hip hop

Mais le moment fort de ce week-end est sûrement la conférence offerte par Jorge Pabon alias «Popmaster Fabel», qui nous a fait voyagé dans l’histoire du hip hop depuis ses origines. En effet, Popmaster est un témoin privilégié de la naissance de cet art dans le New-york des années 70. Il a, au cours de sa conférence, retracé son propre parcours, livré son propre ressenti à propos du hip hop qu’il connaît bien ( près 40 années d’expérience s’il vous plaît, dont une tournée qui a menée ses pas en 1984) à Genève. Grâce à lui, le public, composé en grand partie de danseurs et de passionnés de la danse, a pu, complètement émerveillé, découvrir et comprendre cet art qui fait partie intégrante de leur vie et ainsi lever le voile sur certaines incompréhensions inhérentes à ce milieu très métissé. Saviez-vous que celui qui contribua à codifier et à exporter la culture à l’international, dans les années 80, avec notamment la création d’un groupe nommé le Universal Zulu Nation, s’appelle Afrika Bambaata aka the Godfather ? Que le mot « hip hop »[1] n’était rien que l’un de ces mots qui est dit en boucle[2] par les Dj lors de leurs animations, dont la première occurrence remonte à DJ « Old School »[3] dans son titre Luv Bug Starski et que c’est Bambaata, selon Popmaster, qui trouve ainsi, au cours d’une interview, le moyen de lier un signifié, la culture en elle-même et ce qui la compose à ce signifiant ?

Stage… avec une jambe en moins

L’une des spécialités du festival est bien entendu la dizaine de stage offert au public. House, Hip hop, Popping… disciplines qui se sont vus cette année renforcés par l’arrivée du tutting. Vous ne savez pas ce que c’est ? Le tutting se danse … avec les doigts. On vous montre en vidéo (https://www.youtube.com/watch?v=yJwPydpJHyA= ). Bien entendu, ce sont des pointures dans le domaine qui officient durant ces cours : Bruce Ykandji (fondateur du Juste Debout, compétition internationale de danse hip hop qui se déroule en France tous les ans), Steve ( Dj Veusty du festival), Clara (il faut d’ailleurs saluer la performance éducatrice de cette danseuse qui a donné son cours… assise car handicapé par un récent accident de scooter). Des stages d’initiation sont également offerts avec notamment Ivan Larson en hip hop et Zohair en Break. On salue le stage en Krump avec Badliks  même si on regrette un peu l’absence du dancehall qui aurait gagné un autre type de public.

Des spectacles qui clouent le bec aux préjugés

Cette semaine, l’attention sera plus tournée vers des spectacles avec notamment celui de la compagnie Ill- Abilities qui vient présenter sa création Limitless ce jeudi à 20h au Forum Meyrin. Limitless, c’est le spectacle qui met en scène le destin particulier de ces danseurs : tous atteint d’un handicap physique, ils ont pourtant choisi le breakdance pour se battre à leur manière contre la fatalité et les stéréotypes. Frissons garantis.

Que le meilleur gagne !

Bien entendu, il ne faut pas oublier l’un des sommets des montagnes russes du hip hop que représente le Groove N’ Move : les compétitions ou plus communément Battle. La première a eu lieu hier à la salle communale de Plainpalais et la seconde aura lieu ce samedi à l’Undertown à Meyrin. Si la première était surtout consacrée aux danseurs debout, la seconde aura pour principaux participants les breakeurs, ces danseurs mêlants figurent acrobatiques et figures au sol. De quoi ravir les cœurs.

La culture hip hop : un trésor à transmettre ( correctement ) aux générations futures

En organisant cette événement pour la sixième fois cette année, Sébastien Boucher, directeur général et artistique de Groove N’ Move, a voulu, une fois de plus, mettre l’accent sur l’importance que représente cette forme d’art si particulière, si chère à son cœur : « La culture est un trésor pour les peuples et en tant que telle, se doit d’être préservée, restituée et transmise avec amour et respect. La culture hip-hop est encore relativement jeune – à peine un demi-siècle – mais l’engouement qu’elle a suscité est tel qu’elle a déjà eu le temps de se développer et de se réinventer de mille façons. Le hip-hop est un art profondément libre, créatif, audacieux et avec le métissage comme pierre angulaire : un message fort pour l’époque où nous vivons, où les liens entre les individus sont si nécessaires. Que ce soit auprès des danses africaines, de la salsa, du rock ou même des claquettes, le hip-hop est curieux, ouvert aux différences et voit toujours de quoi apprendre et s’inspirer. »[4]

[1] http://www.espace-defis-hiphop-art-atelier-stage-exposition-graffiti-tag.com/histoire_hiphop_documentation_graffiti_lexique_hip_hop_doc_origines_alphabets_ecriture/lexique_hiphop_lexik_graffiti_language_rue_rap_dictionnaire_definitions_tag.php

[2] Quand on y pense, ainsi que le souligne Popmaster d’un air amusé

[3] https://www.youtube.com/watch?v=GglDmzrpq7U,  on peut l’entendre à la 9’00 minute.

[4] Extrait de l’édito du programme : http://groove-n-move.ch/edito/

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