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Cory Montheith,  Grand, Maladroit, Canadien, Acteur, Batteur, Personne.

Comment décrire le sentiment de solitude qui s’empare de nous  lorsque la mort visite quelqu’un – proche ou non – et le retire du monde que nous connaissons depuis notre naissance comme étant le lieu le plus sûr qui soit ? La mort, en s’emparant de cette personne, sépare son corps de son esprit mais aussi nous prive de ce qui nous connectait à celle-ci. Comment expliquer ce sentiment indéfinissable, accompagné d’une irrémédiable sensation d’échec et de perte, encore plus lorsqu’il s’agit d’une personne que nous ne connaissions pas du tout mais avec qui nous avons créé des liens via le petit écran ?

Oui je parle de ce qui, depuis plusieurs jours déjà, anime l’univers people : le décès de Cory Montheith, décès survenu dans un hôtel à Vancouver au Canada le 13 juillet dernier. Une soirée arrosée avec des amis aura raison de lui. Alcool et cocaïne, mélange fatal qui va laisser sur le carreau le jeune acteur  connu notamment pour son rôle dans Glee, une série américaine en cours de production. Il y jouait Finn, un quaterback qui, sous ses airs de virilité quelquefois maladroitement affirmée, était en fait un grand timide romantique cherchant le grand amour et sa voie. Pour les milliers de Gleeks – entendez par là  le nom que se donnent les fans de la série – il n’y aurait pas eu un meilleur acteur pour incarner ce personnage; Cory l’a fait à la perfection, de telle sorte que ses deux figures, celle dans la réalité et celle dans la fiction, ont fini par fusionner pour ne faire qu’un.

S’il jouait très bien la comédie, l’un des dons de Cory va être le catalyseur de sa popularité auprès du grand public ; en effet, il était l’un des meilleurs chanteurs  de la série, série basée sur la reprise de chansons célèbres actuelles et anciennes : I can’t fight this feeling, Losing my religion, Just the way you are, et la plus célèbre de toutes, Don’t stop believing (en duo avec Rachel). C’est avec cette chanson que le Glee club, qu’il rejoint  bon gré mal gré, va définitivement commencer à vivre son rêve. Une bande d’ados tourmentés, rejetés par la société à cause, joignant leurs voix pour crier leurs joies, peines, craintes et espérances. Les téléspectateurs, enthousiasmés par ce concept, vont, épisode après épisode, s’identifier aux personnages, en particulier à Cory alias Finn Hudson. Quaterback de son équipe de foot, petit ami de la pom-pom girl la plus populaire du lycée, il a tout pour séduire et un grand sourire : c’est le gendre parfait, le meilleur ami de tout le monde et le sportif le plus aimé. Mais il va tout laisser tomber pour intégrer une chorale de « Losers » et y courtiser Rachel, une fille qui possède une voix d’or mais sapée comme un sac à patate et gonflée à bloc par son ambition. Tous les deux, ils formeront le duo magique, Finchel. La fiction va d’ailleurs rejoindre la réalité : Finchel c’est aussi Monchel, Montheith et Michele : couple sur la scène et dans la vie. Au fil de ses tribulations dans la série, on le voit  tomber, se relever, soutenir les autres, en bref, grandir. Finn, c’est le gars que tous les gars veulent être et celui que toutes les filles veulent épouser. Batteur exceptionnel, piètre danseur, il en a fait rêver plus d’une.  Il en est de même de Cory qui, dans la vie réelle, a toujours de gentils mots pour les uns et les autres

Bref, Cory, la perfection incarnée. Perfection aussi dans l’art de la dissimulation. Oui, l’acteur canadien dissimulait une faiblesse, et pas des moindres : pendant des années, il cachait une forte addiction à la drogue « depuis l’âge de 13 ans » selon ses dires. Ses fans ne l’apprendront que qu’à ce moment-là et en tomberont de leur chaise : non, Cory ne peut pas être drogué, ça ne se voit pas, il n’en a pas l’air. Les membres de son équipe diront la même chose : non, Cory n’agit pas comme une diva sous l’effet de la drogue, il n’a jamais oublié une seule ligne de son script et ne s’est jamais pointé en retard. Paradoxe qui plonge tout le monde dans la confusion. On veut qu’il s’en sorte. En mars, il annonce son intention de se faire aider et entre en cure de désintoxication. Il en ressortira un mois et demi plus tard, amaigri mais en pleine forme. Tout est rentré dans l’ordre, Cory est clean. Jusqu’à ce sombre jour du 13 juillet où la nouvelle s’abat sans préavis : Cory Montheith est mort.

Depuis ce jour, les éloges pleuvent du monde entier. Plusieurs générations de fans ont perdu un frère et un ami. Pour certains, c’est le symbole de leur jeunesse et de leur insouciance qui s’envole. Pour sa famille, un fils ; pour sa petite amie, une âme sœur.

Cet article est une forme d’hommage que je rends personnellement à une voix, celle qui clamait « Don’t stop believing » If you have some pain let me know, ne perdez pas espoir. Parce que c’est ce qu’il s’est efforcé de transmettre comme message au travers de son action. Oui, Glee n’était peut-être qu’un soap opera, mais son investissement dans son travail dépassait les bornes du simple « acting ».  Cory Montheith est et restera toujours Finn Hudson, leader, meneur, homme au grand cœur.

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