Grève féminine et féministe 14 juin 2026

Cette année, il n’a pas été facile pour moi de partager immédiatement les photos prises de la traditionnelle grève féminine et féministe qui s’inscrivait exceptionnellement dans le collectif NO G7.
Les événements qui ont suivi la marche m’ont profondément marquée et je me suis dit que je ne reconnaissais plus ce pays. Comment la Suisse, pays des Droits humains, a pu détenir plus de 10h durant environ 500 personnes sans leur donner la possibilité d’avoir accès aux ressources fondamentales pour les humains ? Comment et pourquoi ce sentiment d’indignation profonde qui m’habite ne semble plus, à peine 18 jours plus tard, être au cœur des discussions et dans les médias alors qu’il devrait occuper le devant de la scène tant que les responsables ne se sont pas expliqué? Qu’est-ce qui fait qu’une partie (beaucoup trop bruyante sur les RS à mon goût) de la population se sente autorisée de formuler des propos du type « ils et elles n’avaient qu’à rester chez eux, c’est bien fait pour leur g***  » en toute sérénité et sans que ça ne leur pose aucun problème? Et l’empathie dans tout ça ? Cela me dépasse, me fait me sentir impuissante et surtout me laisse un goût amer dans la bouche.

Manifester est un droit. Manifester pour la défense des Droits des femmes c’est primordial. Manifester contre le fascisme et toutes ses expressions est vital. Manifester, c’est respirer. Or tous les discours alarmistes des semaines précédant la Marche, le dispositif de sécurité disproportionnée, tout ce qui a été fait au niveau des transports pour criminaliser la manifestation et empêcher les personnes de s’exprimer n’a heureusement eu aucun effet : NOUS étions là, nombreuse.x, bruyantes, sonores, en feu pour réclamer une chose : LAISSEZ LES FEMMES TRANQUILLES !

Merci du fond du coeur, cher Collectif No G7 et surtout l’équipe de La Grève Féminine et féministe. D’avoir tout porté sur vos épaules pour que nous soyons là.

Et puis, j’ai trouvé dommage que finalement, les revendications légitimes de cette manifestation passent à la trappe à cause de deux ou trois micros événements isolés. Regardez les photos et faites-vous votre opinion. Lisez les pancartes.

Cette année, cette marche se déroule alors qu’en parallèle, j’expose à la Cathédrale de Lausanne des photos et des textes sous la commande et l’organisation de la Fondation Surgir à Lausanne. Surgir est une organisation féministe engagée contre les violences de genre (en plein dans la thématique ) . J’ai eu l’occasion de rencontrer des dames vaillantes et courageuses, des Multiplicatrices et je vous encourage à aller voir leur travail. Ce projet m’a rappelé que 1- les femmes évoluent dans des environnements où du fait de leur genre elles sont systématiquement en situation de fragilité mais surtout que 2- elles cherchent collectivement et en toute sororité à trouver des solutions pour ne pas se laisser dominer encore bien longtemps. Cela me fait penser à l’incroyable chanson de Vivir Quintana :

Il n’a pas été facile pour moi de partager ces photos cette année. Durant le mois de juin, trois féminicides ont eu lieu ici en Suisse : à Lucerne, Berne et en Argovie. Depuis le début de l’année, on compte 15 féminicides dans le pays .
Quand les femmes seront-elles en sécurité ?

Update :Alors que je suis en train de publier cette page, je tombe sur une pétition qui demande que la pratique de la nasse soit abolie : https://act.campax.org/petitions/plus-jamais-de-nasses?source=whatsapp&utm_source=whatsapp&share=5237ee02-401a-4ebf-abba-5a22de88a843

Retrouvez toutes les photos ici : Grève féminine et féministe 14 juin 2026